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La rencontrer sur la terrasse de son atelier maison revient à visiter Rio de Janeiro tout en restant sur les rives du fleuve Congo ! Malgré le stress de la covid-19 qui redémarre à Kinshasa, la jolie Brésilienne demeure toujours enthousiaste et on devine sous un masque en pagne son rire communicatif. Hamaji la suit dans un de ses spots préférés, le marché aux tissus face au Fleuve. 

Née à Guaxupé, Rita fait de la couture depuis toute petite.
Elle crée d’abord pour ses poupées, puis pour elle-même ses propres vêtements et ses déguisements de carnaval, persuadée, déjà, de devenir un jour une styliste. Elle dessinait et sa meilleure amie cousait. À 14 ans, Rita apprend la confection dans un atelier dirigé par des soeurs catholiques. Passionnée, elle perfectionne ses techniques de coupe via des cours par correspondance depuis San Paulo.

Après des études de comptabilité, elle travaille dans les ressources humaines. En 2000, elle se marie avec un Toulousain et part vivre avec lui à Buenos Aires. Rita, désormais Rita Cazergues, suit son mari muté en Angola, à Luanda. Elle ne se doute pas qu’elle ferait une
double rencontre déterminante pour la suite. Elle y découvre en effet le WAX et fait aussi connaissance d’un couturier congolais réfugié à Luanda. Il n’avait alors pas d’emploi, elle lui donne une place dans sa maison et acquiert une machine à coudre pour démarrer leur collaboration.

Nouveau dessin, première robe pour un mariage civil, la mariée enceinte ne rentrait plus dans un premier achat et… succès immédiat !
Nouveau challenge professionnel pour son époux au Congo. Kin-la-belle, l’éblouit aussitôt avec ses magasins de tissus et son marché du port.
« Toutes les femmes du marché me connaissent, je passe beaucoup de temps à chercher de nouvelles idées et de nouvelles étoffes. En ce moment, elles savent toutes que j’adore le wax avec des motifs d’animaux. »

Transmettre son savoir-faire

Malgré sa notoriété grandissante et ses défilés au Pulmann pour Vlisco entre autres, Rita aime, par-dessus tout, aider les gens et les former. « Je travaille à petite échelle et je me débrouille avec mes connaissances en lingala pour discuter avec mes équipes. » « Je suis métisse comme beaucoup de Brésiliens et porte dans mon coeur cette idée du métissage culturel. Cela se retrouve dans mes créations, car je mélange les styles brésilien, européen et africain et les couleurs pour toutes les couleurs de peaux. Regardez : une Congolaise, une Espagnole et une Brésilienne avec la même robe, mélange de coton wax et soie, j’adore ! »