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Il est des noms de villes qui font rêver, développent tout un imaginaire et un exotisme propre à chacun de nous. Porto-Novo pour moi en fait partie.

Le nom de cette cité aux accents tellement portugais, pourtant bien africaine, me faisait particulièrement rêver et ma rencontre avec cette belle étrangère était forcément inéluctable.

Porto-Novo au Bénin

Loin du tumulte et de la pollution de Cotonou, la capitale du Bénin me montrait doucement son visage intime de ville de province oubliée. Ses magnifiques bâtisses afro-brésiliennes aux camaïeux de rouge, vert et bleu exhibaient leurs cicatrices et la splendeur d’un passé pas si lointain. Les yovos ( blancs en fon * ) étaient inexistants trouvant sans doute plus important de se trouver à Cotonou pour profiter de son activité portuaire. Tant mieux. Tout dans cette ville me semblait plus authentiquement africain, minuscule porte de service vers l’immense Nigéria, elle me semblait bercée dans une torpeur qui me convenait parfaitement.

Femmes au carrefour Houeme, Porto-Novo, Bénin

La nonchalance et la beauté des femmes drapées dans leurs pagnes multicolores, des hommes alanguis ou palabrant devant les couvents vodoun, l’appel lancinant du muezzin porté du haut de la grande mosquée de style baroque inspiré des églises  de Salvador de Bahia, synthétisaient l’étrange ambiguïté et le mélange fascinant qu’offrait cette magnifique cité.

Porto-Novo ne se visite pas, il faut lui consacrer du temps et attendre qu’elle vous séduise lentement, se laisser pénétrer par son atmosphère et y vivre. On doit respecter avant tout son rythme et ses battements de coeur. Les pieds dans la lagune bordée de ses villages lacustres, la tête dans ses marchés et ruelles de terre rouge, elle vous appelle et vous juge. Ses habitants fiers et indépendants n’ont nul besoin de vous, mais s’ils vous trouvent humbles et patients, ils vous ouvriront peut-être leurs coeurs et la porte de leurs habitations.

Père et fils à Porto-Novo, Bénin

Cette ville se mérite et ne se laisse caresser que si l’un de ses habitants souhaite vous dévoiler un peu de ses secrets. Les jours bénis ou Zambéto, Eguns, Fâ, Yoruba, Abessan, Goun, etc., ne seront plus pour vous des mots ésotériques, peut être alors que cette grande dame africaine vous aura laissé entrevoir la beauté fugitive de ses atours cachés.

*Une des 50 langues nigéro-congolaises parlées au Bénin.

Texte et photos Jean-Dominique Burton

Carnet de route Cotonou

Dormir

Sortir

Le Coco Cocktail Club : pour boire un verre ou sortir le soir. Piste Amalco/Haie Vive

Manger

À Ganvié

Chez M – Hôtel/Restaurant. C’est un des rares hôtels de ce village, qui est lacustre.
Adresse : Pas d’adresse, tout le monde peut vous y conduire. En « zem » (taximoto) de Cotonou jusqu’à l’embarcadère d’Abomey-Calavi et de là prendre une barque.

À Grand Popo

Le Lion Bar. Une auberge tenue par Gildas, un Rasta. Pour siroter les meilleurs cocktails du Bénin dans un hamac en écoutant du reggae et les bruits de la mer
Adresse : sur la plage. Pour aller à Grand Popo depuis Cotonou il faut prendre un taxi collectif au marché Danktopa.

À Abomey

Chez Monique, à la Lune – Un hôtel d’une vingtaine de chambres, propres, avec un énorme jardin rempli de sculptures et de…crocodiles.
Adresse : sur le rond-point de la préfecture. Abomey est à 4 heures de route de Porto Novo. Prendre un bus à la gare routière.

À Ouidah

Hôtel Diaspora Bénin (jardin brésilien). Gros complexe hôtelier avec piscine, restaurant, chambres climatisées ou non. Budget moyen.
Au bord de la mer, au bout de la route des esclaves, à gauche de la Porte du non retour.