DÉCONNEXION, QUAND L’ART CONTEMPORAIN REDONNE VIE AUX OBJETS CONNECTÉS

À seulement 24 ans, le plasticien ivoirien, Monou Désiré Koffi, se positionne comme l’un des espoirs de l’art contemporain en Côte d’Ivoire. Il est passé maître dans le recyclage des déchets électroniques, qu’il collecte dans les rues de Koumassi, commune de l’effervescente Abidjan, où il habite.

La Galerie parisienne Art-Z a accueilli en juin et juillet DÉCONNEXION la première exposition individuelle de ce jeune artiste dont les œuvres font déjà partie de collections privées.

QUI EST MOUNOU DÉSIRÉ KOFFI ?

À peine sorti des Beaux-Arts, la scène artistique internationale lui ouvre ses portes. Expositions collectives en Côte D’Ivoire, son pays natal, au Maroc et tout récemment en Belgique. L’artiste est en passe de compter parmi les figures les plus importantes de la peinture contemporaine ivoirienne.

Il est né le 28 octobre 1994 dans la ville de Buyo, au sud-ouest de la Côte d’Ivoire. Après un baccalauréat artistique au Lycée d’Enseignement Artistique d’Abidjan où il sort major de sa promotion, il intègre les Beaux-Arts et décrochera une licence.

Mounou Désiré réalise un heureux mariage entre l’impressionnisme et l’art figuratif. Sa démarche artistique est essentiellement influencée par son environnement. Les paysages urbains sont ses cadres par excellence. Il entend attirer l’attention sur la problématique de gestion des déchets électroniques dans son pays. Avec 24 millions d’habitants, la Côte d’Ivoire produit environ 1500 tonnes de « e-déchets » chaque année, sans compter les résidus importés, venant principalement d’Occident…

UN CONTEMPORAIN À L’ÉCOUTE DE SON TEMPS

Désiré Nounou Koffi explique : « Ma mission consiste à donner une seconde vie aux déchets électroniques ».
Le point de vue de Mounou n’est pas manichéen. Il ne dénonce pas automatiquement. Il constate et ouvre le débat. La distance entre les hommes grandit au fil de l’évolution de la technologie. Comme une métonymie, il se sert de claviers de téléphones mobiles pour exprimer le concept d’évolution technologique. Les hommes sont un peu comme des machines qui se déconnectent inconsciemment, peu à peu, de leur part d’humanité.
Le relief appliqué aux peintures de Mounou a, dès lors, de l’intérêt dans la forme, mais aussi et surtout dans le fond. À l’aide de ses claviers, il apporte un relief esthétique à ces paysages, puis soulève les problématiques de notre époque. Il propose une technique de recyclage des déchets électroniques, véritable casse-tête pour les industriels et fléau pour l’humanité. Résolument contemporain, avisé, il est à l’écoute de son temps. D’où la transition entre le clavier et les écrans tactiles qui apparaissent dans ses tableaux. Ces écrans qu’il applique aux pieds de ses personnages comme des verres brisés sont un symbole du côté double tranchant des nouvelles technologies.
Il utilise les claviers et les écrans pour dessiner des silhouettes humaines, qu’il insère dans des décors urbains réalistes et hauts en couleur. Sa démarche résolument écologique n’en est pas moins esthétique ; offrant des reliefs originaux et un regard tout à fait plaisant, sur les rues de Dakar ou du quartier commercial d’Adjamé à Abidjan.

DÉCONNEXION nous invite à une prise de conscience toute simple de l’impact de notre « hyper-connectivité » aux smartphones. Une interrogation complète sur les dérives du progrès et les comportements sociaux. Qui est l’esclave de qui ? Qui influence qui ? Se déconnecter de son quotidien pour une introspection vraie.
Talent à suivre…

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