Avec un casseur de pierre comme emblème, Matadi la principale ville portuaire de la RDC, trône en maître sur le dernier point accessible par bateau en provenance du port de banana situé à l’embouchure. En amont, les rapides se déchaînent et le relief en empêche toute navigation.

Pour ma part, Matadi, je l’ai rejointe tant par train. Bien que je ne l’ait pas visitée dans ses moindres recoins, je l’ai pourtant observée sous divers angles. Matadi est une vMille portuaire et cela lui confère ce côté bouillonnant et constamment en mouvement. Créée en 1886 pour acheminer les marchandises de et vers la rive gauche du fleuve, elle se situe à michemin entre l’océan Atlantique et Kinshasa. Tête de pont à l’époque du chemin des caravaniers, c’est aujourd’hui une véritable porte ouverte vers l’extérieur.

Encastrée entre les collines plongeant dans un fleuve aux calmes apparences mais aux fortes et étranges turpitudes, la ville est truffée de rues étroites et grimpantes. Elle tire d’ailleurs son nom de l’environnement accidenté qui l’accueille. Matadi signifie « pierre » en Kikongo. De droite à gauche, des points de vue tantôt dégagés, tantôt moins évidents s’offrent aux visiteurs. Calme aux petites heures du matin, la vie de la ville monte en son sein comme un orage grondant pour très vite arriver à son apogée. Au même moment, c’est aux abords de la route, faisant dos à la vallée et les deux pieds sur la voie que les propriétaires de « table top » commencent leur dur labeur. Tout se vend et tout se trouve à Matadi. Il faut dire qu’il y a de quoi faire, acheter et vendre avec la ronde continuelle des containers arrivant des quatre coins de la planète.

En témoignent les camions qui se chamaillent la chaussée avec les piétons et les voitures à coup de klaxon afin de se frayer un passage entre les marchés. Leur objectif : remonter la ville, chargés à bloc, la désengorger au compte-goutte et tracer la route, le plus souvent, vers la capitale, Kin la Belle.

Mais qui n’a pas vu le Pont Matadi, anciennement Pont Maréchal n’a pas vu Matadi. Ayant peu à envier au pont de Normandie, ce majestueux pont de 722 mètres de long accueille et souhaite la bienvenue aux voyageurs venant de Boma ou ayant été déposés par les airs dans son mythique aéroport à la piste rougeâtre et chatoyante. Les voyageurs en train ne sont, quant à eux, pas en reste. C’est en effet le seul moyen de pénétrer la ville en traversant les gorges et le canyon de la rivière M’Pozo. Un panorama de toute beauté à bord d’un train qui crapahute de virage, en virage et de tunnel en tunnel. Que demander de plus pour commencer sa visite ? Attention toutefois, avec un peu de chance, l’on arrive en gare, avec un peu moins de fortune, il faut continuer à pied si par malheur une roche s’est effondrée sur la voie aux abords de la ville. Vous l’aurez compris, c’est le vécu qui parle … Qu’à cela ne tienne, tous les chemins mènent à Matadi, c’est bien connu.

En guise de visite des lieux, il est intéressant de visiter l’hôtel Métropole qui est le plus ancien hôtel de la ville. Longtemps considéré comme le plus bel établissement du pays, il en impose avec son architecture exceptionnelle de style gothique. Le Belvédère, quant à lui, en dit plus qu’il n’en offre. D’autres endroits de la ville proposent une vue plongeante beaucoup plus intéressante. Du haut de ses 502 mètres d’altitude, le Mont Kinzao, à quelques encablures, invite les plus sportifs à son sommet. La vue en vaut le détour avec un très beau panorama sur le fleuve et la rivière M’Pozo. Enfin, le petit village historique de Vivi, à 5 kilomètres de la ville détient les vestiges du passage de Stanley.

Matadi, c’est souvent par nécessité que l’on s’y rend. Mais pourquoi ne pas profiter de l’un de vos passages pour vous arrêter, le temps d’un instant, et vous laisser imprégner par son atmosphère si particulière ?

CARNET DE ROUTE

SE LOGER ET MANGER

VIVI PALACE Quartier Ciné Palace 10, avenue Futi Muekono

LEDYA FLAT HÔTEL 10, avenue Ledya

VOIR

La ville, étirée à flanc de colline, tire son nom de l’environnement accidenté qui l’accueille, de la proximité des rapides. Matadi signifie en effet pierres en kikongo. À voir dans la ville et ses environs: l’Eglise du Sacré-Coeur; L’Hôtel Métropole (il faut jouer d’un peu d’influence) ; le Belvédère (un peu « crowdy ») ; les hauteurs de la ville pour une belle vue sur le port ; le Pont Matadi, anciennement Pont Maréchal (722 mètres de long) et son monument commémoratif ; le Plateau Palabala à 12 km en amont de la ville ; le Rocher de Diogo Cão ; le Barrage d’Inga à quelques encablures.

INFOS PRATIQUES SUR LE TRAIN

Horaires, une rotation par semaine : départ / retour : 7H30 de Kinshasa ; retour / départ : 7H30 de Matadi ;

Classe de luxe : 36 places à USD 65 (avec restauration) ;

Première classe : 70 places à USD 25 (avec restauration) ;

Deuxième classe : 418 places à USD 12 ;

50% du tarif pour les enfants de 5 à 11 ans

Par avion : Air Tropique et Kin Avia quasiment tous les jours

Par route de Kinshasa : 5 à 6 heures de trajet