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Né en 1979, l’artiste visuel et cinéaste Onejoon Che a débuté sa carrière comme photographe judiciaire. Pour Texas Project, Che a photographié le quartier chaud en déclin de Miari à Séoul après que le gouvernement eut adopté la loi anti-prostitution en 2004. Il a également réalisé des courts métrages et des archives qui saisissent le traumatisme de l’histoire moderne de la Corée en documentant les bunkers durant la période de l’après-guerre de Corée et les camps abandonnés de l’armée américaine en Corée du Sud après la guerre en Irak. Ces dernières années, Che a produit Mansudai Master Class, un projet de documentaire qui traite des monuments et statues réalisés par la Corée du Nord en Afrique. À partir de ce projet, il crée actuellement un théâtre documentaire, un film et une installation sur la culture et l’identité afro-asiatiques. Che a notamment exposé internationalement à la Biennale de Taipei (2008), au Palais de Tokyo Module (2012), à la Biennale de photo du Musée du Quai Branly (2013), à la SeMA Biennale Mediacity de Séoul (2014), à la celle d’architecture de Venise (2014), à la Triénnale du New Museum (2015), Africa au Louisiana Museum of Modern Art (2015) et à la Biennale de Busan (2018). En résidence à PICHA à Lubumbashi en République Démocratique du Congo dans le cadre de la 6e édition de la Biennale Picha de Lubumbashi, Hamaji Magazine l’a rencontré.

HAMAJI MAGAZINE : Bonjour Onejoon Che, vous êtes un artiste qui s’exprime à travers les arts visuels et la réalisation cinématographique, qu’est-ce qui peut mener de la photographie dans la police à l’Art ?
Onejoon Che : j’ai étudié en Corée du Sud à la Polytechnic School. J’avais alors 18 ans. Il a fallu que je choisisse entre plusieurs options parmi lesquelles celle qu’on appelait « Police station ». C’était mieux que l’armée dans tous les cas ! La photographie est un média de pouvoir. Le pouvoir de témoigner, le pouvoir de s’exprimer, je trouvais cela très intéressant. La réalisation vidéo est un prolongement.

HM : Vous êtes invité par l’ASBL Picha pour une résidence, pourriez vous nous parler de votre travail ?
OC : il s’agit d’un projet de documentaire sur les familles qui vivent dans l’environnement des mines chinoises du Lualaba en RDC. L’idée est de déstructurer la scène ordinaire de leur vie pour remettre au premier plan un quotidien non ordinaire. J’ai déjà réalisé des images, ce que j’ai vu est incroyable. Le documentaire devrait être projeté à la Biennale

HM : dans quelques mois la 5e édition de la Biennale de Lubumbashi débutera. Quel est votre regard sur les arts visuels, la vidéo et la photographie à Lubumbashi ?
OC : c’est la deuxième fois que je viens au Congo. En 2013 j’étais à Kinshasa et aujourd’hui je découvre le grand Katanga. La scène des arts visuels est très jeune, active et prometteuse. Attendons de voir où leur talent, mais aussi leur travail, va les mener.