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Une mappemonde qui tourne, c’est ma vie qui défile.
Le monde me va comme un gant.
Le Niger coule — grosse veine entre mes sourcils.
Je ne sais que vivre ma vie et la poursuivre comme on traque une bête qui parfois se dérobe et parfois meurt en criant.
Nous n’avons aimé que cette chasse et cette image du chasseur la douceur des visages la chair des mots et les nuits solaires.
Depuis vingt ans, pour moi, la terre tourne plus vite et je n’en finis pas de forcer le temps qui passe et qui sans moi passerait si je le laissais passer.
Mes voyages ne sont qu’une seule route qui s’ajoute à ma vie.
Un jour viendra où nous n’aurons plus que des marées de mortes eaux un flot de vent gris coulera des poches du naufrage.
Maintenant, j’ai les prises les plus fines à ma ceinture.