LE MÉTIER DE PHOTOGRAPHE EN AFRIQUE,  10 ANS D’AFRIQUE IN VISU » AFRIQUE IN VISU EST NÉ EN 2006. A L’ORIGINE DE CE PROJET COLL ABOR ATIF, LE QUESTIONNEMENT DE JE ANNE MERCIER ET BAPTISTE DE VILLE D’AVR AY : COMMENT PROMOUVOIR LA PHOTOGR APHIE EMANANT DU CONTINENT AFRICAIN ET  LA PARTAGER ? DIX ANS PLUS TARD, ILS CÉLÈBRENT LE MÉTIER DE PHOTOGR APHE AUTOUR D’UNE EXPOSITION PHOTOGR APHIQUE QUI SE TIENDRA AU MACA AL A MARR AKECH EN FEVRIER ET À LA FONDATION ZINSOU À COTONOU AU BÉNIN ET L A SORTIE DE LEUR LIVRE  » LE MÉTIER DE PHOTOGRAPHE EN AFRIQUE, 10 ANS D’AFRIQUE IN VISU ». HAMAJI MAGAZINE DONNE LA PAROLE À SES FONDATEURS. 

En 2006, nous lancions à Bamako la plate-forme Afrique in visu. Ce projet collaboratif était né d’un constat : au début des années  2000, le secteur photographique en Afrique souffrait alors de manques importants : insuffisance des structures, absence de formations, une politique culturelle peu dynamique et peu cohérente. Les structures existantes collaboraient peu et ne mettaient pas à profit les compétences des pays voisins dont les problématiques étaient pourtant plus proches et plus adaptées au terrain que celles des pays du Nord. C’est à ce moment charnière que, pour pallier ces manques, plusieurs chercheurs ou photographes ont cherché chacun à sa manière à concevoir des outils collaboratifs. Pour certains, c’était à travers la création de collectifs, pour d’autres, de festivals ou encore de plates-formes Web.

De notre côté, l’idée première était d’imaginer un réseau présent dans l’ensemble du continent qui, en partant des compétences techniques et théoriques propres à chaque pays, s’enrichirait des échanges de savoir-faire et de connaissances. Sur la plate-forme Web, c’est dans des articles que s’illustraient la diversité et les différences des pratiques photographiques émanant du continent : autant d’approches, parfois même contradictoires, du métier de photographe. Pas de classement ni aucune tentative pour prétendre à l’existence d’une histoire de la photographie africaine. Un seul leitmotiv : un territoire, un continent, l’Afrique. Pour célébrer les dix ans d’Afrique in visu, c’est à la fois une exposition photographique, et un livre que nous avons imaginés. Deux projets complémentaires qui se croisent à travers leurs contenus. Tous deux sont nés de nos questionnements : comment raconter dix ans de création photographique ou synthétiser plus de mille articles ?

10 ans après. Plus d’un an de travail avec les éditions Clémentine de la Ferronnière. Et voilà le livre  » Le métier de photographe en Afrique, 10 ans d’Afrique in visu », paru le 10 octobre.  Un livre qui prenant comme prétexte la plateforme Afrique in visu, raconte 10 ans de création photographiques en Afrique. Autant d’histoires d’un continent à travers ses photographes qui cherchent à se détacher, à supplanter, à détourner toutes les images et stéréotypes qui lui ont été associés.

Pour le présent exercice, l’idée: faire appel à un panel de spécialistes, historiens, curators et journalistes, et republier dans un contexte d’édition papier une partie du contenu d’un site Internet qui a été fondateur pour la diffusion de la pratique photographique en Afrique.

Ainsi on y retrouve les essais d’Erika Nimis, d’Olivia Marsaud et de Simon Njami autour desquels s’articulent des interviews et critiques réalisées entre 2006 et 2017 pour la plateforme Afrique in visu. A découvrir, des interviews de Sammy Baloji, Malick Sidibé, Namsa Leuba, Roger Ballen ou Lebohang Kganye ou des critiques sur les Rencontres Picha de Lubumbashi ou sur l’exposition de Samuel Fosso à la Fondation Zinsou. Trois portfolios complètent cet ouvrage : Nicola Lo Calzo, Camille Millerand et Baudouin Mouanda. Le livre se clot par une conclusion militante du commissaire François Cheval et une cartographie des évènements/ Lieux photographiques du continent.