Comme l’Atlantide autrefois, le sable de Grand-Lahou laisse rêveur, il raconte le charme désuet d’une ville naguère prospère, mais dont les restes fantomatiques aux couleurs fanées laissent deviner la beauté passée.

Les demeures coloniales ont disparu, avalées inexorablement par l’océan Atlantique. La ville de Grand-Lahou est née aux environs de 1910 sur la base d’un village Avikam, l’ethnie locale et d’un ancien comptoir allemand. La ville comptait alors une population de 6600 habitants, dont 53 Européens. C’est à cette époque que sont construits les wharfs de la côte et que les constructions “en dur” bâties directement sur le sable font leur apparition.

Grand-Lahou, vieille ville, Cote d'Ivoire

Le voyageur qui arrive à Grand-Lahou est un peu perplexe. Il se demande s’il est arrivé dans la ville mythique dont parlent les livres des historiens. Il se rendra vite compte que cette nouvelle ville n’est pas le « Grand-Lahou  » qu’il recherche. Il doit encore parcourir une dizaine de kilomètres pour arriver aux rives de la lagune Tagba et découvrir en face quelques paillotes qui marque l’emplacement de l’ancienne cité.

On rejoint la presqu’île, simplement, à bord de pinasses aux horaires aléatoires. Le courant y est puissant et redessine les îlots lagunaires. Trois flots s’y rejoignent et s’y affrontent, celui, dangereux et tumultueux de l’océan, celui du Bandama au débit variable selon les années et selon les saisons et, enfin, celui majestueux et calme de la lagune nourricière. Sur les rives de l’ancienne cité, on est surpris de découvrir un village de pêcheurs. Une ribambelle de jeunes hommes et d’enfants accueille l’étranger. Les embruns enveloppent une promenade historique et donnent à la ville ou ce qu’il en reste l’atmosphère mélancolique qu’elle devait vivre pendant de longs mois, dans l’attente de bateaux venus d’un lointain là-bas.

Pèche à l'épervier sur la lagune, Grand-Lahou, Cote d'Ivoire

L’ancien Grand-Lahou, ou Lahou-Plage comme l’appellent les autochtones Avikam, est une ville dont les vestiges ont disparu progressivement sous les martèlements assourdissants d’un océan aux vagues rageuses. La disparition inéluctable de ses trésors fût encore aggravée par l’impassibilité et le fatalisme.

Bien que l’ancien comptoir fût encore il y a moins de dix années à un stade de délabrement avancé, on pouvait encore y apercevoir les ruines d’impressionnantes des demeures coloniales dont les murs racontaient encore la grandeur de la ville au temps des successives présences allemande et française. Cependant à chaque visite, le compte des bâtiments disparus s’allongera dramatiquement, tous engloutis par l’océan.

La ruine de Grand-Lahou et sa disparition progressive, à l’instar de celle d’Assinie, sont admises par les habitants comme une fatalité inexorable. Les grondements de la mer rappellent qu’il aurait été vain de s’y opposer.

Bateau sur la plage de Grand-Lahou, Cote d'Ivoire

En 1993, en quelques jours la houle a avalé une cinquantaine de mètres et, en 1998, c’est une partie de l’ancienne ville qui disparaissait dans la passe. Depuis la quasi-totalité de la vieille ville a disparu dans l’océan. Pour retrouver quelques traces de tuiles il faut se rendre de l’autre côté de l’embouchure sur la presqu’ile qui mène a Toukouzou et Jacqueville, car l’océan a modifié l’emplacement de l’embouchure actuelle et s’est engouffré depuis au milieu de l’ancienne cité.

Serait-ce une leçon d’humilité ? À Grand-Lahou, fatalisme est synonyme de sagesse.

Texte et photos Nabil Zorkot

Carnet de route Grand-Lahou

Voir et faire

  • Le parc national d’Azagny est une réserve naturelle d’une superficie de 19 400 ha, situé à 130 km d’Abidjan, à l’embouchure du fleuve Bandama. Le Parc abrite des espèces emblématiques de la faune africaine notamment l’éléphant de forêt, le crocodile nain et des buffles, quatre espèces de tortues et plusieurs primates.
  • Pour la visite on contact l’Office Ivoirien des parcs et réserves à Grand-Lahou – Tél: +225 22 41 06 65 – info@oipr.ci 
  • La vieille cité de Grand-Lahou appelée Lahou Plage pour visiter les petits villages autochtones et admirer l’océan et la trépidante embouchure dans lequel se jette le Bandama
  • Faire une partie de pêche sur la lagune en contactant le campement Cap Lahou.  Garcia  +225 07636109 –  garciajeanjacques@yahoo.fr

Hôtels et campements

Ville de Grand-Lahou:

  • Le Ravin +225 23 57 64 25 / +225 07 94 33 33 leravin@aviso.ci
  • Hotel l’Equateur+225 23 57 61 53/ +225 44 63 80 19

À l’embouchure du Bandama:

  • Cap Lahou+225 07 63 61 09 garciajeanjacques@yahoo.fr
  • L’ile les Robinson de Lahou+225 01 20 65 37 duryph@yahoo.ci

Se restaurer

  • Maquis restaurant La Terrasse dans la ville de Grand-Lahou
  • Maquis restaurant au bord de la lagune face à au parc national
  • Cap Lahou sur la rive en face du débarcadère de Braffedon